Prenez garde aux manipulateurs des foules !

Connaitre les méthodes pour s'en libérer.

25 mai 1913, Pré Saint-Gervais, discours de Jean Jaurès contre la loi de 3 ans de service militaire devant 150 000 personnes. Photo: Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet

Tout commence par la séduction d'un récit qui semble vrai.

Chaque fausse information, manipulation ou intrigue s'appuie sur un récit dont leurs auteurs et promoteurs prétendent qu'il est authentique. Même si sa démonstration est nulle, la croyance en cette hypothétique histoire, belle ou terrible, séduit le public qui entrevoit une promesse : celle d'une vérité démasquée, d'une explication inavouable ou la confidence d'un secret d'initiés. La ruse est encore plus efficace quand elle tombe dans l'oreille d'une personne ordinaire. Quelqu'un lui a fait confiance alors que rien ne le prédisposait à être destinataire d'une telle indiscrétion. Cet honneur flatte son orgueil d'être élevé au rang des gens informés. Par la suite, le confident s'imagine compétent pour analyser et évaluer la nouvelle dont l'avis “indépendant” fera autorité auprès de son entourage. La rumeur est lancée, la raison est piégée, aveuglée par le charme d'un récit trompeur. Le mensonge dans toute sa splendeur, propagé par des gens de bonne foi !

Parce qu'il désire que la révélation soit vraie — et qu'il refuse de croire qu'il a été trompé —, il est prêt à renier toute logique pour satisfaire sa conviction. Les indices sont faux ou ne sont que des coïncidences ? Qu'importe, on en cherchera d'autres plus satisfaisants. Et s'ils n'existent pas ? C'est bien la preuve qu'on nous cache des choses ! Ainsi, il commence à l'envers : il suit le chemin du fantasme au lieu de la raison, du questionnement et du dissentiment.

La vérité n'est pas fantaisiste.

Quand la vérité ne lui convient pas, il la dégrade en simple opinion. Puisqu'il la dévalorise au même rang que son idéologie, il peut la combattre. Et si la vérité offense sa croyance ou sa particularité, il se présente comme victime d'un outrage, exige la censure et la condamnation de ceux qui soutiennent une vérité qui n'est pas convenable ! On le reconnait facilement car il n'existe qu'à travers la querelle. Il est toujours le premier à amorcer la polémique. Il manipule le langage pour façonner une réalité parallèle débarrassée de cette vérité gênante. Les despotes et fanatiques y trouvent la justification pour faire accepter par la force leurs dogmes, leurs pensées uniques, leurs essentialismes et opprimer la diffusion du savoir et du progrès.

Un autre mensonge est simple à démasquer et s'en détourner est facile. Il persécute toute vérité admise au prétexte que tout doit être remis en question et que toutes les confiances ou les conduites honnêtes sont ambigües — à part les siennes ! —. Ceci n'est pas du doute, mais un dogme fumeux. Parce que sa lutte n'est pas guidée par la défense d'une liberté, de la justice ou d'un grand principe respectable qui élève l'esprit humain. Au contraire, il se délecte de tout ce qui rabaisse, provoque, souille, humilie, déshonore. Il brouille notre lucidité car il connait notre fascination instinctive pour le scandale, la violence et le mal. Il tire vers le bas, vers l'ignorance et l'obscurantisme dont l'humanité a eu tant de mal à s'émanciper. C'est une façon d'exercer un contrôle totalitaire par la suspicion, de jouir d'une revanche au moyen de cette publicité malsaine ou d'exprimer une colère refoulée.

Il y a des faits, il y a des opinions et il y a des mensonges.

Toutes ces situations reflètent les visages d'un mensonge qui salit la vérité. Pourtant, le fait scientifique doit prévaloir sur l'opinion. Mais quand vérité et idéologie sont confondues, la discussion est impossible. L'opposition violente qui en résulte n'a rien à voir avec le débat et l'expression d'idée puisque faits et opinions ne se comparent pas. Par ricochet, la liberté de parole — de toutes les paroles — doit s'exprimer sans condition, ni censure, ni peur. J'ai le droit d'avoir raison, comme j'ai le droit d'avoir tort. De même, les jeux de l'esprit, l'humour, l'ironie, la caricature… signent l'intelligence et l'éducation de ceux qui les reconnaissent pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire ni une vérité, ni une opinion, et loin de tout mépris. Les intrigants ne tolèrent pas cette diversité du langage, préférant la confusion et semer le trouble. On est bien dans une stratégie de pouvoir et de domination par la tromperie. Ils ripostent en bâillonnant la liberté, le seul antipoison capable de révéler leurs scandales.

Si certaines idées politiques séduisent toujours le citoyen malgré la puissance des faits contraires et le caractère coriace de la réalité, alors il faut regarder le récit raconté par le démagogue. Il se plait à entremêler vrai et vraisemblable de telle manière qu'une fiction fascinera davantage le public qu'une terne vérité.

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